
Oct 2019

Il y a presque trois ans, j’ai décidé de plonger dans l’aventure YouTube. Mes trois emplois me tenaient déjà bien occupé, mais j’ai toujours aimé jouer avec une caméra.
Au collège, je créais des « émissions de télévision », soit en direct, soit préenregistrées…
Je me suis toujours ennuyé à l’école. Être assis sur une chaise à écouter quelqu’un ne fonctionnait pas pour moi. J’ai donc décidé de demander un caméscope au père Noël et j’ai appris à jouer avec celui-ci de façon autodidacte et à faire du montage (en débranchant le magnétoscope familial). Les profs aimaient ne pas avoir à préparer un cours et, avec l’aide de quelques camarades, je réalisais une production sans aucun véritable budget. Bien souvent, une ou deux autres classes venaient nous rejoindre pour que nous ayons un public assez nombreux.
Je n’ai jamais étudié en audiovisuel ou en journalisme, mais j’aimais ce milieu. Je ne pourrais compter le nombre de fois où j’ai traîné sur des plateaux de télévision pour observer de quelle façon les choses se déroulaient.
De nombreuses chaînes nationales arrivaient sur ma télévision. Mais, à part une chaîne régionale, rien ne parlait de mon quartier. Il faut dire qu’à l’époque, téléphoner coûtait cher et l’on n’avait pas Instagram pour savoir ce que faisait le voisin. J’ai alors imaginé ma chaîne de quartier: Verte TV (j’habitais sur la rue Verte).
Il suffisait de convaincre Madame Dubuisson, qui faisait les meilleurs gâteaux pour les anniversaires d’enfant, de me laisser la filmer dans sa cuisine. Monsieur Dumay était professeur et donnait quelques conseils sur les façons d’alterner devoirs et jeux. Il y avait aussi Madame Marcelezy, qui était venue dans mon école (quand j’avais 6 ans) pour nous raconter des histoires. Elle avait d’ailleurs accepté d’en raconter quelques-unes devant la caméra. Bref, ma chaîne partageait un contenu très très local, pour un auditoire de quartier. Mon réseau de distribution? Le boulanger, le boucher et l’épicier avaient 10 copies chacun en format VHS. Pour deux dollars, on pouvait garder la cassette pour une semaine. Un dollar pour moi, un autre pour le revendeur.
Le projet a duré 18 mois et il y a eu trois saisons de Verte TV. Cassettes non retournées par les clients, manque de temps (car j’étudiais et j’avais un emploi); le projet a fini par « prendre le bord ». Je regrette d’ailleurs de ne plus avoir de copies de Verte TV…
J’ai ensuite oublié le monde de la vidéo, jusqu’à ce que je découvre deux YouTubeurs: PL Cloutier et Eve Martel, tous deux Montréalais et me montrant des images de mon ancienne ville, Montréal. À les regarder, on s’attache. Eve, avec ses blogues, nous partage son quotidien. PL fait parfois l’idiot, fait aussi des entrevues, mais n’hésite jamais à donner son opinion. Le jour où j’ai rencontré Eve pour la première fois, j’avais l’impression d’être avec ma grande soeur, tant j’avais l’impression de la connaître.
Victor est alors né
Non, je n’ai pas donné naissance à un enfant, mais pour ne pas avoir de problèmes avec ma compagnie aérienne et pour garder ma liberté, j’ai inventé mon frère jumeau, Victor (le prénom de mon dentiste). Chaque semaine, depuis trois ans, il donne des conseils sur les façons de voyager dans les meilleures conditions. À travers lui, j’aide des passagers nerveux et réponds à des questions variées, telles que: comment voyager avec un chien, avec un enfant, ou comment devenir un agent de bord?
Comme beaucoup de YouTubeurs, je travaille seul. Je filme de mon salon, je fais du montage dans l’avion pendant ma pause (et j’avoue haïr le montage). Ma chaîne a récemment atteint les 3 000 abonnés! Elle a mis du temps à démarrer, mais elle accueille environ 200 nouveaux abonnés chaque mois.
Loin des Cynthia Dulude et autres grands YouTubeurs, je sais que ma chaîne reste petite, et c’est très correct pour moi. Je n’ai pas plus de temps à y consacrer. Toutefois, savoir que je peux aider des gens me donne une grande fierté.
Victor
